The great blessings of mankind are within us and within our reach; but we shut our eyes, and like people in the dark, we fall foul upon the very thing we search for, without finding it.
- Seneca


Our ideas, like orange-plants, spread out in proportion to the size of the box which imprisons the roots.
- Edward Bulwer Lytton

L'histoire de Kendra dans la Scientologie - Page 2

Pourtant, j'étais en pleine confusion. Je savais que préférais de loin mon encens à la salle de cours. Mon encens n'écrivait jamais de pages roses. Et au fait, Ron n'avait-il pas aussi fait des recherches sur les autres religions ? ne voudrait-il pas que nous fassions de même ?

J'en aurais bien ri avec ma meilleure amie, malheureusement elle passait de longues vacances à l'adorable école du Mace Kingsley Ranch, profitant d'un délicieux mélange de travaux forcés, de sessions d'endoctrinement scientologue et d'isolement social. Elle était tellement concentrée sur le décapage des clôtures sous la neige, qu'elle ne trouvait pas le temps de me répondre.

J'en aurais bien parlé avec mes parents, mais ils étaient en train de finir leurs contrôles semestriels à FLAG depuis six mois environ.

Pour faire court, ce sont ces éléments qui mon donné l'allant pour partir. J'ai annoncé que je n'étais plus une scientologue. Quelques jours plus tard, les parents de mes amies m'ont téléphoné pour me dire que je n'étais plus la bienvenue chez eux, que je ne devais plus passer mon temps avec leurs enfants, et qu'il en serait ainsi jusqu'à ce que je sois de nouveau en bons termes avec l'église. Ils m'ont dit que je perdais mon éternité. Ils m'ont dit que j'étais une criminelle. Ils m'ont dit d'arrêter mes gamineries.

Personne n'était à la maison ce soir-là. J'ai pleuré pendant des heures, et le téléphonait sonnait sans cesse.

A la demande de mes parents, des membres de la Sea Org sont venus à la maison. Ils sont restés dans le living avec mes parents jusqu'à ce que j'accepte de leur parler. Ils discutaient de mon cas autour de la table pendant que je mettais un point d'honneur™ à écouter à fond Rage Against the Machine dans ma chambre. Ils sont venus jour après jour. Mes parents, qui pensaient que je perdais mon éternité en quittant l'église, m'ont supplié de leur parler.

Tous ceux que je connaissais, aimais et respectais répétaient que si je voulais quitter la scientologie, je pouvais. Juste un contrôle de sécurité (comme le confessionnal, mais avec un e-meter) et quelques menues procédures. Comme la doctrine scientologue affirme que la seule raison pouvant pousser quelqu'un à partir était une faute ou des « crimes cachés », la Sea Org insistait pour que je passe au confessionnal. Si aucun crime n'était découvert, j'étais libre de partir. Le tout ne prendrait pas plus d'un mois.

Alors, chaque jour après l'école, je me rendais pour plusieurs heures dans les caves du Celebrity Center, derrière les cuisines, à la section d'éthique. Je m'installais avec mon auditrice devant le e-meter et elle me posait des questions intellectuellement stimulantes, telles que : « As-tu jamais fait exploser une planète ? », « As-tu jamais eu des pensées déplaisantes à propos de L. Ron Hubbard ? » et « Combien faut-il de licornes psychédéliques pour changer une ampoule ? ».

Huit mois plus tard, le contrôle de sécurité n'était toujours pas terminé, et sa fin n'était pas en vue. J'ai fini par comprendre que la « fin du phénomène » aurait été de dire : « Je ne quitte plus la scientologie ». J'ai dit à mon auditrice que j'avais compris cela, mais que cela n'arriverait pas. Le contrôle de sécurité s'est arrêté net, comme par miracle.

Sur le moment, je pensais avoir remporté une grande victoire en faisant cesser le sec-check. Je pensais avoir traversé le tunnel et avoir atteint la sortie, laissant la scientologie derrière moi. C'était frivole de ma part, ayant déjà travaillé pour la Commission des citoyens pour les droits de l'homme (CCDH) auparavant.

Je n'étais plus une scientologue. De cela, j'étais sûre. Mais ma famille étant ce qu'elle était, j'avais grandi dans l'idée – non le Fait – que la psychiatrie était le pire mal de l'univers. La scientologie m'avait mise mal à l'aise pour des raisons que je ne comprenais pas bien à l'époque, mais j'avais la haine de la psychiatrie et la crainte des psychiatres dans le sang.

Aussi, l'idée de devenir une super-espionne dans la division de la recherche, là où se passait la plupart du super-espionnage, m'attirait.

Très sérieusement, je pense que nous touchons au cœur de ce qui motive la plupart des enfants de la scientologie. Un des traits les plus addictifs de la scientologie – et cela peut compter double pour ceux qui ont grandi dedans – c'est la sensation constante que vous êtes engagé dans un Combat Universel. On vous répète que vous êtes du côté lumineux de la Force dans une bataille galactique pour le futur mal définie. Votre combat dépasse les limites de la Terre, et même celles du système solaire. En appliquant et disséminant la Tech de LRH, vous donnez personnellement de l'espoir à l'univers. Hello, vous êtes là ? L. Ron Hubbard est Yoda, et tout le monde que vous connaissez est Luke Skywalker. Par votre simple présence, en progressant sur le Pont, vous êtes un guerrier. Vous êtes le dernier héros. La défaite n'est pas envisageable ! Je défie quiconque de se regarder au fond des yeux et de me dire qu'il n'a jamais trouvé une cause juste valant que l'on se batte pour elle comme nous le faisons.

Imaginez une sensation aussi importante, aussi puissante, tous les jours de votre vie. Imaginez maintenant que vous découvrez que c'est un mensonge.

Je sais que beaucoup de mes amis qui ont quitté la scientologie ont eu un problème à admettre qu'ils n'étaient que des gens ordinaires. Plus de bataille rangée contre les psys. En fait, les « psys », tels que définis par la scientologie, n'existent pas. Beaucoup d'ente eux, moi inclus, ont cherché quelque chose pour combler ce vide – la politique, la religion, le travail – et ne l'ont pas trouvé.

Bref, ce que je veux dire est que je n'étais plus une scientologue, je venais de sortir. J'avais toujours envie de battre un ennemi un peu consistant et mal défini. Je pensais que rejoindre le CCHD était une bonne idée dans ce but. Je me disais que je n'allais pas le faire pour la scientologie, mais pour que toutes les religions puissent s'épanouir. Pourtant, je me suis abstenue de le dire à haute voix.

Et ainsi commença ma dernière année dans la scientologie.

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